Vers l’autonomie des élèves

Autonomie et responsabilisation

5 chemins pour progresser dans l’acquisition de l’autonomie des élèves.

1- Créer des cadres pour apprendre à s’en affranchir

Développer l’autonomie des apprenants est un paradoxe à résoudre. Si j’organise un parcours d’apprentissage trop construit en tant qu’enseignant ou que, formateur, je préempte une part du pouvoir d’initiative de l’apprenant, je limite le pouvoir de s’auto-diriger. Mais, si à l’inverse je lui laisse une entière liberté, je ne le prémunis pas d’erreurs. Il risque d’apprendre en se brûlant, certains échecs sont très cuisants. La construction d’un cadre d’action qui oriente sans enfermer ni contraindre me semble une situation préférable.

En quelque sorte un cadre pédagogique suffisamment structurant sur le sens et les finalités pour être décoconstruit sur tout le reste (objectifs, moyens, modalités, rythme lieux etc.). Le pédagogue s’efforce de trouver l’alchimie entre un cadre d’intentions partagées et de suffisamment de liberté pour épanouir la motivation.

2- Déconstruire des croyances pour les reconstruire

Le fonctionnement du cerveau nous est désormais mieux connu. Les informations sont régulièrement engrammées, les circuits synaptiques sont progressivement renforcés par la même interprétation des perceptions. Des schèmes de sens se structurent. Imperceptiblement des raccourcis se mettent en place à partir desquels des décisions sont prises. Une croyance s’installe comme un chemin qui se creuse à force de l’emprunter.

La force de l’habitude, rend difficile l’envie puis la possibilité de changer de trajectoire. Apprendre consiste à explorer des chemins nouveaux. Cela nécessite de déconstruire des croyances anciennes pour laisser de la place à de nouvelles. Apprendre passe par la mise de côté de croyances, la suspension du jugement. Apprendre c’est d’abord désapprendre. Pour cela il s’agit de se confronter à d’autres croyances, de rencontrer d’autres différents de soi, de s’immerger dans des situations sans repères ,de se frotter à l’invisible et au futur, de se questionner collectivement, d’augmenter son niveau de conscience, de s’habituer à voir au-delà de la facilité.

Comme on apprend seul mais jamais sans les autres, par extension on désapprend seul mais jamais sans les autres. Le cadre pédagogique qui construit ce type de situation est suffisamment ouvert et stimulant pour forcer à sortir de ses rails et il offre aussi les méthodes, les outils, les espaces et les temps pour appréhender l’inconnu. Ce cadre pédagogique cultive l’art de la rencontre, de la question et de la réflexivité.

3- Se centrer sur les communs plutôt que sur des savoir-faire individuels

Les sociétés compétitives s’efforcent de repérer et promouvoir les individus performants. Ceux qui se mettent en avant et tirent à leur seul profit le bénéfice du collectif, puisqu’ils en savent un peu plus que les autres. Ces individus sont jugés compétents. Ils sont incidemment encouragés par les signaux de reconnaissances individuels qu’ils reçoivent à devenir indépendants et de ne se référer qu’à leur seul talent alors même que les collectifs ont besoin de coopération et de personnalités autonomes qui s’ajustent dans l’action.

Développer l’orientation à l’autonomie nécessite de passer par un sens du groupe et de réalisations communes. Si le travailleur indépendant choisit d’agir seul, le travailleur doté d’autonomie dans une organisation est tenu par un cadre de liens sociaux qui le nourrit et le conforte dans son action et auquel il rétrocède en retour une part de son action. L’inclinaison à l’indépendance est de capter une valeur pour soi, pendant que la situation d’autonomie produit plus d’échange et de mise en commun. La pédagogie de l’autonomie réussit quand elle s’oriente vers la production de communs de la connaissance. C’est donc une pédagogie du projet, de l’engagement collectif, orientée par des valeurs qui dépassent sa seule personne.

4- Coconstruire et s’appuyer sur des contrats pédagogiques

Le contrat pédagogique est un dialogue entre un individu et l’institution qui offre de le former. Il associe parfois un employeur. Ce dialogue organise une écoute mutuelle des ressources et des contraintes. Il spécifie ce que le dispositif de formation est susceptible de transformer et ce qu’il ne saurait faire évoluer. Il donne à voir la marge d’investissement nécessaire pour mener à bien l’apprentissage.

Bien mené il jalonne un parcours d’apprentissage d’objectifs intermédiaires et de situations problèmes à maîtriser. Il prévoit la participation d’une variété d’acteurs : responsable, tuteur, enseignant, experts., partenaire d’apprentissage. Il constitue une boussole pour progresser. Muni de cette boussole, l’apprenant se conforme au chemin proposé ou peut s’en écarter.

5- Cheminer en compagnonnage avec un mentor, coach, tuteur

Le précepteur est le maitre attitré des futurs rois ou dirigeants. Il est une figure de la relation d’apprentissage duale. L’autre par lequel on passe pour s’affranchir de ses limites. L’altérité formatrice du préceptorat se décline en tutorat, mentorat, coaching ou maîtrise. C’est ici le frottement à un autre porteur d’une identité, d’un métier, d’une différence qui rabote nos croyances et nous dégrossit. L’autre joue comme une râpe contre laquelle nos illusions s’accrochent. L’apprenant est sommé de se conformer au savoir par cette médiation qui s’organise, c’est selon, comme une imitation, un questionnement, un conseil, une démonstration ou un modelage.

L’autonomie se construit par la différence à la forme offerte par le tiers de référence. La création de son propre style, de son propre geste et sa divergence quand au style et au geste initial, c’est cela l’autonomie.

Autonomie collective

A ces 5 cheminements j’ajouterai 2 composants essentiels : la posture et l’attention constante au collectif.

La posture du pédagogue, c’est d’être disponible sans vouloir à la place de l’autre, c’est d’être conscient des rôles d’appui, d’éveilleur, d’apporteur, de caution, de reconnaissance

L’attention constante au collectif c’est un rappel de notre nature sociale. Nous ne sommes autonomes que par rapport aux autres. Nous ne sommes pas autonomes dans absolu. Le collectif forme le bain qui crée les possibilités de l’autonomie.

extraits d’un article de Thot cursus juillet 2021

S’ouvrir à la vulnérabilité durant le temps de l’Avent

Belle initiative de la part des élèves du lycée Notre-Dame qui ont mis en place une récolte de cadeaux et de boîtes de Noël, le tout en partenariat avec deux associations, les Restos du cœur et Saint-Vincent-de-Paul.  « On fait ça dans le cadre de l’enseignement moral et civique. Le but est d’engager le maximum de personnes pour récolter des objets que nous mettons dans des boîtes de Noël », expliquent Clara, Enzo et Gaspard, qui ont embarqué avec eux les élèves des deux collèges Notre-Dame de Vannes et Saint-Avé.

Les élèves de Terminale AEPA travaillent sur un projet auprès des personnes âgées en situation d’isolement et vivant à domicile en lien avec Vannes Part’âge.

4 vendredis après-midi sont consacrés à des temps d’animation auprès de personnes âgées. Ce projet a démarré vendredi 9 décembre à la salle Richemont de Vannes. Les élèves sont mobilisés à tour de rôle pour proposer des activités qui favorisent le lien social.

Sur quels leviers s’appuyer pour faciliter l’apprentissage?

Il s’agit de mettre au cœur de l’apprentissage la personne de l’élève de manière à ce qu’il puisse trouver un sens à ce qu’il apprend, l’accompagner pour qu’il reste engagé et lui proposer du temps pour assimiler en enseignant par exemple aux autres #coopération

Qui sont les jeunes aujourd’hui? Comprendre pour agir

Session de formation à Vannes le 2 décembre devant plus de 250 enseignants et personnels d’éducation

Jean-Paul Gaillard a le matin exposé les changements de comportements des jeunes et en a donné les raisons. « La flèche du temps ne va que dans un sens », il nous faut donc prendre en considération ces nouvelles formes d’être au monde pour mieux les accompagner sur un chemin éthique et responsable.

L’après-midi, les enseignants se sont répartis dans des ateliers pour travailler de nouvelles manières d’enseigner plus en adéquation avec ce que sont les jeunes: coopération, climat de classe, l’évaluation, la différenciation pédagogique…

Genre et identité : session des chefs d’établissements

Les chefs d’établissements du réseau se sont retrouvés durant 2 jours pour réfléchir ensemble à comment accompagner les jeunes qui demandent à changer de prénom, qui expriment un mal-être dans leur corps.

La session, portée par le centre Angèle Merici, a permis d’abord de se mettre à l’écoute de ces jeunes, d’entendre des professionnels ( psychiatre, philosophe, anthropologue, formateurs) avant de se donner des points de repères ensemble .

Serviam en œuvre dans nos établissements

Les élèves de Sommières vivent leurs engagements en ce mois de décembre:

La chorale du collège se retrouve pour préparer la célébration de Noël

Les élèves de 6èmes s’engagent pour soutenir les enfants atteints de maladies génétiques et la recherche

Nina met ses talents au service de l’APEL et gagne le concours de la plus belle carte de Noël

A Quimperlé:

Les élèves de terminale se mettent au service des 6èmes et 5èmes pour les accompagner dans leurs devoirs

Monde numérique: Quels droits et devoirs?

Que puis-je publier sur mon compte Facebook, Instagram, twitter… sans me mettre en défaut vis à vis des autres et de leurs droits et comment j’apprends à me protéger?

Voici une fiche pédagogique qui peut être facilement utilisée en école et collège pour apprendre aux élèves à utiliser les réseaux sociaux.

La coopération: Est-ce vraiment profitable aux élèves?

On pense habituellement que c’est en se mettant dans la situation de collaboration que l’on va apprendre à collaborer, or cette conception est fausse. La coopération demande des qualités qui doivent être enseignées, au même titre que des connaissances disciplinaires. Ce n’est qu’à ce prix que le travail pourra être réellement collaboratif et ainsi échapper aux heurts d’un travail de groupe conflictuel, comme le rappelle C. Reverdy : « Pour la plupart des chercheur.se.s, ces habiletés s’acquièrent en classe et un apprentissage à coopérer explicite est gage d’interactions de qualité. Cela peut se faire sous la forme de jeux de rôle où les élèves apprennent à s’écouter, se distribuent les tâches, se partagent les responsabilités, s’entraînent à formuler des questions. » (La coopération entre élèves : des recherches aux pratiques,Catherine Reverdy, 2016).

Aussi, en 1882, Maximilien Ringelmann, un agronome, s’est rendu compte en travaillant sur la force de traction des bœufs puis des hommes, que ces derniers avaient tendance à tirer moins fort lorsqu’ils étaient en groupe plutôt que seuls. La psychologie sociale a appelé « paresse sociale » ce phénomène qui consiste pour chaque individu à diminuer les efforts qu’il fournit en groupe. Ce phénomène est un travers courant du travail coopératif qui peut être cependant évité sous certaines conditions.

La collaboration peut être un outil très intéressant pour favoriser la motivation et la performance des élèves, mais pas n’importe comment. Robert Slavin précise : « Lorsque la tâche du groupe est de faire et non d’apprendre quelque chose, la participation des plus faibles peut être ressentie comme une gêne plutôt qu’une aide. Il est alors plus facile de s’échanger les réponses que d’expliquer aux autres des concepts ou des compétences. Au contraire, si le groupe a pour tâche de s’assurer que chacun apprend quelque chose, il est dans l’intérêt de chaque coéquipier de passer du temps à expliquer les concepts aux autres. » (Apprentissage coopératif : pourquoi ça marche ?  Slavin, R. E., 2010).

Article tiré du site Etre prof

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