Au revoir Corinne !

La session des chefs d’établissements et APS du réseau méricien, nous a donné l’occasion de dire au revoir à Corinne LEREVENU, directrice du Centre Angèle Merici. Elle a rejoint depuis la rentrée la direction diocésaine de Nantes et quittera ses fonctions au Centre Angèle Merici le 31 janvier.

Ce fut un moment émouvant et joyeux durant lequel les chefs d’établissements, les APS et ses collègues du service de tutelle ont pu lui dire merci pour son investissement dans le réseau en organisation un atelier coopératif !

Bonne route Corinne, toujours au service du projet d’éducation catholique !

Session des chefs d’établissement et APS à Mons

C’est à Mons en Belgique que 45 chefs d’établissements, animateurs et adjoints en pastorale scolaire se sont réunis du 14 au 16 janvier pour partager ensemble sur le développement intégral au service du projet des établissements.

Le séminaire a été animé par Jérôme Brunet et son équipe de « Sens et lien ». Nous avons pu cheminer virtuellement de « l’Egypte à la Terre promise » en nous arrêtant longuement dans le désert ou en montant au sommet du mont Sinaï. Le processus mis en oeuvre sur ces deux jours a permis à chacun de travailler sur sa feuille de route et les outils nécessaire à mettre les communautés éducatives en marche.

L’accueil par nos collègues belges des établissements des Ursulines à Mons a été « royal » !

Encore un temps de travail et de convivialité dans la créativité et dans la joie !

Cultiver la collaboration

Les chefs d’établissements se sont réunis à la Piazza pour un temps de formation avec Jim Howden sur la collaboration en équipe.

Voici quelques éléments de réflexion:

Pour changer, il faut que les acteurs aient une certaine conscience qu’il faut changer. Il est nécessaire de dépasser l’expression des malaises et prendre conscience que les questions en cause sont les signes  même de l’inadaptation d’un système qui doit faire face à de nouvelles réalités.

Pour changer vraiment les choses, ce sont les structures d’action et les articulations du pouvoir qu’il faut toucher.

A partir d’un test , chaque chef d’établissement a pu prendre conscience de sa manière d’agir, de réfléchir, de ressentir et aussi apprendre à reconnaître les besoins de ses interlocuteurs pour pouvoir ajuster la relation plus respectueuse des besoins de chacun.

LA CULTURE DE LA COLLABORATION : UNE DEMARCHE GRADUELLE

Selon McEwan (1997), la route menant de l’isolement à la collégialité comporte six étapes.

Dans l’autocratie, les enseignants travaillent seuls

En coordination, ils souscrivent à un jeu de règles communes et s’entendent sur des façons de procéder.

L’accommodement, les enseignants partagent et socialisent.

L’indépendance, ils travaillent seuls mais savent reconnaître de quelle manière ce qu’ils font rejoint ce que font les autres.

Le fait de se regrouper pour travailler à l’accomplissement d’un but spécifique caractérise l’étape de la coopération.

La collaboration : les gens travaillent alors réellement ensemble et se parlent de sujets importants. Ils s’aident, s’enrichissent mutuellement.

Un temps de formation riche et convivial!

Différents et complémentaires

Dans le cadre de notre thème d’année « Nos différences en dialogue. Vers une vie nouvelle », cette proposition par Paroles de Sagesse peut être intéressante. Ce parcours permet de travailler sur le « JE » et le « NOUS » dans un continuum sur plusieurs séances du primaire au lycée.

https://www.parolesdesagesse.com/tous-differents-et-complementaires

Le thème du réseau mericien de l’année 2023 2024 : quelques indices en attendant la communication dans quelques jours

La fécondité du dialogue

Au cœur de la mutation sociétale, la peur peut conduire à vouloir imposer ses propres représentations en usant de la violence verbale ou physique.

Comment vivifier notre joie d’être ensemble en nous laissant toucher par l’humanité de chacun sans préjugés, sans volonté de convaincre à tout prix au risquer de ne pas pouvoir entendre la parole de l’autre ?

Déployer une culture du débat dans toutes les instances de nos établissements pour sans cesse rechercher à canaliser les éventuels conflits par le dialogue et les oppositions stériles dans la recherche féconde de solutions.

Nous avons tous besoin de concorde, de bienveillance, de compréhension et de respect mutuels.

Angèle disait :  « comment pourrez- vous les conseiller et les stimuler à quelque vertu que tout au moins vous ne commenciez pas à pratiquer avec elles ? ».

 Nous ne sommes pas parfaits, loin de là ! Nous reconnaissons là le réalisme d’Angèle. Alors commençons à pratiquer avec les jeunes qui nous sont onfiés…N’attendons pas d’être des modèles pour éduquer, si nous avons reçu une délégation d’autorité, une mission d’éducation, ce n’est pas parce que nous sommes impeccables, mais bien parce que nous sommes disposés nous mêmes à grandir en humanité avec ceux qui nous sont confiés… avec, il est vrai, un peu plus d’expérience et surtout la conscience à la fois de nos limites et de notre vocation au bien et à l’amour.

Ste Angèle 5ème avis :“Qu’elles cherchent à mettre la paix et la concorde partout où elles seront…”

Vers l’autonomie des élèves

Autonomie et responsabilisation

5 chemins pour progresser dans l’acquisition de l’autonomie des élèves.

1- Créer des cadres pour apprendre à s’en affranchir

Développer l’autonomie des apprenants est un paradoxe à résoudre. Si j’organise un parcours d’apprentissage trop construit en tant qu’enseignant ou que, formateur, je préempte une part du pouvoir d’initiative de l’apprenant, je limite le pouvoir de s’auto-diriger. Mais, si à l’inverse je lui laisse une entière liberté, je ne le prémunis pas d’erreurs. Il risque d’apprendre en se brûlant, certains échecs sont très cuisants. La construction d’un cadre d’action qui oriente sans enfermer ni contraindre me semble une situation préférable.

En quelque sorte un cadre pédagogique suffisamment structurant sur le sens et les finalités pour être décoconstruit sur tout le reste (objectifs, moyens, modalités, rythme lieux etc.). Le pédagogue s’efforce de trouver l’alchimie entre un cadre d’intentions partagées et de suffisamment de liberté pour épanouir la motivation.

2- Déconstruire des croyances pour les reconstruire

Le fonctionnement du cerveau nous est désormais mieux connu. Les informations sont régulièrement engrammées, les circuits synaptiques sont progressivement renforcés par la même interprétation des perceptions. Des schèmes de sens se structurent. Imperceptiblement des raccourcis se mettent en place à partir desquels des décisions sont prises. Une croyance s’installe comme un chemin qui se creuse à force de l’emprunter.

La force de l’habitude, rend difficile l’envie puis la possibilité de changer de trajectoire. Apprendre consiste à explorer des chemins nouveaux. Cela nécessite de déconstruire des croyances anciennes pour laisser de la place à de nouvelles. Apprendre passe par la mise de côté de croyances, la suspension du jugement. Apprendre c’est d’abord désapprendre. Pour cela il s’agit de se confronter à d’autres croyances, de rencontrer d’autres différents de soi, de s’immerger dans des situations sans repères ,de se frotter à l’invisible et au futur, de se questionner collectivement, d’augmenter son niveau de conscience, de s’habituer à voir au-delà de la facilité.

Comme on apprend seul mais jamais sans les autres, par extension on désapprend seul mais jamais sans les autres. Le cadre pédagogique qui construit ce type de situation est suffisamment ouvert et stimulant pour forcer à sortir de ses rails et il offre aussi les méthodes, les outils, les espaces et les temps pour appréhender l’inconnu. Ce cadre pédagogique cultive l’art de la rencontre, de la question et de la réflexivité.

3- Se centrer sur les communs plutôt que sur des savoir-faire individuels

Les sociétés compétitives s’efforcent de repérer et promouvoir les individus performants. Ceux qui se mettent en avant et tirent à leur seul profit le bénéfice du collectif, puisqu’ils en savent un peu plus que les autres. Ces individus sont jugés compétents. Ils sont incidemment encouragés par les signaux de reconnaissances individuels qu’ils reçoivent à devenir indépendants et de ne se référer qu’à leur seul talent alors même que les collectifs ont besoin de coopération et de personnalités autonomes qui s’ajustent dans l’action.

Développer l’orientation à l’autonomie nécessite de passer par un sens du groupe et de réalisations communes. Si le travailleur indépendant choisit d’agir seul, le travailleur doté d’autonomie dans une organisation est tenu par un cadre de liens sociaux qui le nourrit et le conforte dans son action et auquel il rétrocède en retour une part de son action. L’inclinaison à l’indépendance est de capter une valeur pour soi, pendant que la situation d’autonomie produit plus d’échange et de mise en commun. La pédagogie de l’autonomie réussit quand elle s’oriente vers la production de communs de la connaissance. C’est donc une pédagogie du projet, de l’engagement collectif, orientée par des valeurs qui dépassent sa seule personne.

4- Coconstruire et s’appuyer sur des contrats pédagogiques

Le contrat pédagogique est un dialogue entre un individu et l’institution qui offre de le former. Il associe parfois un employeur. Ce dialogue organise une écoute mutuelle des ressources et des contraintes. Il spécifie ce que le dispositif de formation est susceptible de transformer et ce qu’il ne saurait faire évoluer. Il donne à voir la marge d’investissement nécessaire pour mener à bien l’apprentissage.

Bien mené il jalonne un parcours d’apprentissage d’objectifs intermédiaires et de situations problèmes à maîtriser. Il prévoit la participation d’une variété d’acteurs : responsable, tuteur, enseignant, experts., partenaire d’apprentissage. Il constitue une boussole pour progresser. Muni de cette boussole, l’apprenant se conforme au chemin proposé ou peut s’en écarter.

5- Cheminer en compagnonnage avec un mentor, coach, tuteur

Le précepteur est le maitre attitré des futurs rois ou dirigeants. Il est une figure de la relation d’apprentissage duale. L’autre par lequel on passe pour s’affranchir de ses limites. L’altérité formatrice du préceptorat se décline en tutorat, mentorat, coaching ou maîtrise. C’est ici le frottement à un autre porteur d’une identité, d’un métier, d’une différence qui rabote nos croyances et nous dégrossit. L’autre joue comme une râpe contre laquelle nos illusions s’accrochent. L’apprenant est sommé de se conformer au savoir par cette médiation qui s’organise, c’est selon, comme une imitation, un questionnement, un conseil, une démonstration ou un modelage.

L’autonomie se construit par la différence à la forme offerte par le tiers de référence. La création de son propre style, de son propre geste et sa divergence quand au style et au geste initial, c’est cela l’autonomie.

Autonomie collective

A ces 5 cheminements j’ajouterai 2 composants essentiels : la posture et l’attention constante au collectif.

La posture du pédagogue, c’est d’être disponible sans vouloir à la place de l’autre, c’est d’être conscient des rôles d’appui, d’éveilleur, d’apporteur, de caution, de reconnaissance

L’attention constante au collectif c’est un rappel de notre nature sociale. Nous ne sommes autonomes que par rapport aux autres. Nous ne sommes pas autonomes dans absolu. Le collectif forme le bain qui crée les possibilités de l’autonomie.

extraits d’un article de Thot cursus juillet 2021

Sur quels leviers s’appuyer pour faciliter l’apprentissage?

Il s’agit de mettre au cœur de l’apprentissage la personne de l’élève de manière à ce qu’il puisse trouver un sens à ce qu’il apprend, l’accompagner pour qu’il reste engagé et lui proposer du temps pour assimiler en enseignant par exemple aux autres #coopération

Qui sont les jeunes aujourd’hui? Comprendre pour agir

Session de formation à Vannes le 2 décembre devant plus de 250 enseignants et personnels d’éducation

Jean-Paul Gaillard a le matin exposé les changements de comportements des jeunes et en a donné les raisons. « La flèche du temps ne va que dans un sens », il nous faut donc prendre en considération ces nouvelles formes d’être au monde pour mieux les accompagner sur un chemin éthique et responsable.

L’après-midi, les enseignants se sont répartis dans des ateliers pour travailler de nouvelles manières d’enseigner plus en adéquation avec ce que sont les jeunes: coopération, climat de classe, l’évaluation, la différenciation pédagogique…

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